Dieux & Déesses

Bienvenue dans ce premier dossier égyptologique ! 
Plongez au cœur de la mythologie à la découverte des dieux et déesses peuplant les Terres de Kemet…

Parlons de Sekhmet, la déesse à tête de lion 🦁.

La déesse de la guerre n’avait pas très bonne réputation auprès du peuple égyptien. En effet, la légende veut qu’elle ait été créée par Râ — dieu du soleil — pour réprimer une rébellion humaine visant à renverser les dieux. Furieux, Râ décida d’anéantir l’humanité l’ayant déçu et il créa donc Sekhmet, déesse lionne à la puissance redoutable. La bête fut lâchée sur l’Égypte où elle tua et dévora de très nombreux hommes. Finalement, observant le carnage, Râ fut pris de remords et décida d’y mettre un terme. Il transforma le sang des morts en vin et Sekhmet finit par s’enivrer. Alors elle s’effondra et la lionne devint aussi inoffensive qu’une chatte. 

Sekhmet avait le don d’inspirer la peur au peuple égyptien qui craignait constamment son retour et le début d’un nouveau massacre. Pourtant, sa puissance était également bénéfique au Pharaon. En effet, en tant que déesse de la guerre, elle guidait ce dernier dans toutes ses campagnes militaires en lui servant de conseillère et de stratège. Rôle qu’elle tenait également auprès de son père, Râ. 

En plus de cela, Sekhmet avait également le pouvoir de soigner tous les maux et blessures qu’elle pouvait causer ce qui a fini par la consacrer patronne des médecins. Les Égyptiens voulant pratiquer cet art étudiaient de nombreuses années, espérant transcender les mystères de la lionne.


Parlons de Bastet, la déesse chatte 🐱. 

Fille de Râ, Bastet était une déesse douce et bienveillante qui s’invitait dans tous les foyers égyptiens. Souvent représentée souriante — un fait rare dans l’iconographie égyptienne — elle incarnait la joie de vivre, la douceur et le bonheur qu’elle apportait aux hommes par le biais de ses nombreux talents musicaux.

Fortement liée à la féminité, Bastet était la protectrice des femmes et des enfants. Les Égyptiennes avaient pour coutume de placer une statue de la déesse dans leur chambre, car elle était réputée stimuler l’amour et favoriser les grossesses 🤔. Par ailleurs, Bastet était également rattachée au domaine de la médecine puisqu’elle était considérée comme la première sage-femme de l’histoire égyptienne. Sa magie protégeait les femmes lors des accouchements et garantissait la bonne santé des nouveau-nés.

Cependant, Bastet n’était pas seulement une douce déesse chatte. En effet, elle était considérée comme étant la jumelle de Sekhmet et était donc réputée pour ses violentes colères qui la faisaient ressembler à sa sœur. Par ailleurs, une légende raconte que, une fois rassasiée et ivre, Sekhmet se transforma en Bastet ce qui mit fin au bain de sang qu’elle avait commencé… 


Parlons de Thot, le dieu à tête d’ibis ou de babouin selon les époques et les représentations 🐦.

Thot incarnait le savoir et la connaissance à l’état brut. Disposant d’un savoir illimité s’étendant à tous les domaines, Thot sait tout et comprend tout. À ce titre, c’est à lui qu’est venue la lourde tâche de transmettre l’intelligence aux hommes. Pour ce faire, le dieu ibis a inventé la parole et l’écriture et les a enseignés aux Égyptiens les plus méritants.

Malgré tous les bienfaits que Thot a pu apporter à l’humanité, les autres divinités ne l’appréciaient pas vraiment. Le dieu de la sagesse était considéré comme prétentieux et ennuyeux ce qui avait le don d’exaspérer le panthéon qui préférait le tenir à l’écart. De plus, Thot représentait une menace pour ses semblables. En effet, son immense savoir lui a permis de mettre au point des formules magiques pouvant anéantir même les plus puissantes des divinités…

Thot était associé à la Lune dont il régissait les cycles ce qui a fait de lui le Seigneur du Temps. Le calendrier que nous utilisons encore aujourd’hui et qui compte 365 jours serait son œuvre et aurait traversé les millénaires.

Enfin, Thot a également créé l’Œil d’Oudjat, l’instrument de la Vérité et de l’Ordre que portait le dieu Horus. En effet, ce dernier s’est vu arracher son œil gauche lors d’un combat l’opposant à Seth et le dieu de savoir aurait été mandaté pour le remplacer.


Parlons d’Anubis, le dieu à tête de chacal 🐺.

Anubis était à la fois admiré et craint par les Égyptiens. Son rapport à la mort le rendait mystérieux et il a souvent été représenté comme un dieu maléfique.

Ses origines sont troubles, certains le pensent fils de Seth ou de Râ, d’autres disent qu’il serait l’enfant de la vache céleste Hésat et une dernière théorie le présente comme étant le fils adultérin de Nephtys et Osiris.

Lorsqu’Anubis vient au monde, il est confié à Isis qui va l’élever comme son propre fils. Puis, Osiris — son père potentiel — est brutalement assassiné puis démembré par Seth. Folle de chagrin et avide de vengeance, Isis va tout faire pour retrouver les morceaux éparpillés du corps de son époux. Lorsqu’elle y parvient enfin, elle se tourne vers son fils adoptif pour lui demander de l’aide. Elle a le pouvoir de ramener Osiris à la vie, mais son corps doit pour cela être reconstitué. Alors, Anubis invente la momification, un processus que les embaumeurs égyptiens pratiqueront pendant des siècles.

Anubis devient une divinité funéraire et il rejoint le Royaume des Morts et le tribunal d’Osiris, devenu roi après sa résurrection. Protecteur des défunts, il les accueille avant de s’assurer de la pureté de leur âme.

En Égypte, les embaumeurs voués à Anubis reproduisaient les gestes ancestraux inventés par leur dieu des millénaires auparavant. La momification était un ingrédient essentiel à l’immortalité de l’âme et cette profession était donc d’une nécessité absolue. Pourtant, tout comme Anubis, les embaumeurs étaient souvent mal perçus par la société et il est dit que les Égyptiens préféraient se tenir à l’écart des ateliers funéraires où se déroulaient des rites dont nous ignorons sans doute encore certains détails…


Parlons de Ptah, le dieu au corps momifié !

Ptah est un dieu très ancien, vénéré dès l’aube de la civilisation égyptienne. Il fait également partie des divinités ayant survécu le plus longtemps puisqu’il sera assimilé à Héphaïstos par les Grecs et à Vulcain par les Romains.

Si ce dieu a reçu tant d’attention, c’est parce qu’il a rapidement été associé à la création de manière générale. L’un des mythes les plus anciens raconte que Ptah serait né avant le monde lui-même et qu’il l’aurait entièrement façonné de sa simple pensée. Par la suite, il aurait inventé le Verbe qui aurait soufflé la vie dans sa création.

En réalité, Ptah est surtout connu en tant que patron des artisans et des architectes et c’est certainement ce qui l’a rendu si populaire auprès des Égyptiens. Son culte a commencé à grandir lorsque les Pharaons de l’Ancien Empire se sont mis à faire construire de grands tombeaux nécessitant des chantiers colossaux (vous savez, ces grandes choses pointues et triangulaires). Les prêtres de Ptah étaient sollicités par les ouvriers qui priaient en échange de bonne fortune au travail, mais également par les Pharaons. Eux cherchaient surtout des conseils et attendaient du dieu qu’il les guide en leur indiquant les lieux les plus propices aux travaux ainsi que les plans les plus judicieux. De nombreux Pharaons dits « bâtisseurs » se sont d’ailleurs associés à Ptah en faisant de lui un dieu tutélaire de la monarchie égyptienne.

Mais les plus fervents adorateurs de Ptah étaient sans doute les artisans de la Place de Vérité, située près de la Vallée des rois. Ces hommes chargés de bâtir les demeures d’éternité des plus grands rois de ce temps.


Parlons d’Osiris, ce dieu momifié à la peau verte dont on entend souvent parler.

Historiquement parlant, Osiris est l’un des premiers rois d’Égypte. Fils de Geb et de Nout, il est le frère de Seth, Nephtys et Isis (qui est également sa femme… bienvenue dans le monde de la mythologie). Lorsqu’il est en âge de monter sur le trône, il se voit doté du don de vie. Ainsi, il est associé à la végétation et la fertilité et invente notamment l’agriculture. Sous son règne, l’Égypte prospère et devient une terre vivante nourrie par le Nil qu’Osiris aurait fertilisé lui-même. Il est un dieu aimé et admiré de tous…

… sauf de son frère. Jaloux, Seth fomente un complot pour évincer Osiris. Il organise une grande réception et y convie tous les dieux. Là, il propose divers divertissements, dont un très particulier incluant un sarcophage somptueux. L’idée est simple, le convive qui parviendra à y entrer sera récompensé. Amusé, Osiris se prête au jeu, mais il ignore que son frère a fait fabriquer le sarcophage selon ses mensurations exactes. À l’instant où il pénètre dans le coffre, il se referme. Le dieu se retrouve pris au piège. Seth n’en reste cependant pas là et découpe son frère en morceaux qu’il éparpille ensuite aux quatre coins du pays.

Isis est furieuse. Avec l’aide de Nephtys, elle arpente l’Égypte pour reconstituer le corps de son époux. Ensuite, Anubis le momifie et, grâce à sa puissante magie, Isis parvient à lui redonner la vie. C’est dans ce temps-là qu’est conçu leur fils, Horus.

Après cet incident, Osiris ne peut plus régner sur l’Égypte. Il appartient désormais au Royaume des Morts dont il devient le souverain et d’où il exerce la Maât, la justice s’appliquant à tous les êtres.


Parlons de Seth, l’un de mes dieux favoris !

Seth ne pourrait pas être plus différent de son frère. Maître du tonnerre et de la foudre, il gouverne les régions arides du désert et incarne la sécheresse et la désolation là où Osiris est associé à la vie et la fertilité.

L’une des choses les plus intéressantes chez Seth est son apparence. Encore aujourd’hui, les spécialistes ne s’accordent pas sur la nature de l’animal qui le représente. Certains pensent qu’il s’agit d’un animal aujourd’hui disparu, d’autres encore pensent qu’il s’agirait d’un oryctérope et une dernière théorie suppose qu’il s’agit d’une pure invention de l’imaginaire égyptien.

Comme je vous l’ai dit, Seth était jaloux d’Osiris. En tuant son frère, il devenait l’héritier légitime à la couronne… du moins, c’est ce qu’il pensait. C’était sans compter sur la naissance d’Horus, fils d’Isis et Osiris et donc futur roi d’Égypte.

Concentrons-nous sur le côté positif de Seth. En réalité, même si les Égyptiens ne l’appréciaient pas vraiment, Seth est indispensable à la survie du monde. En effet, il est le favori de Râ — le roi des dieux — et son plus proche allié dans sa lutte quotidienne contre Apep, le dieu du Chaos qui menace chaque nuit d’engloutir et d’anéantir l’Égypte. Seth est si puissant qu’il est le seul être capable de le contenir.

Ce rôle finira par être reconnu lorsque les Pharaons de la XIVe dynastie décideront de se vouer à Seth et de faire de lui le dieu le plus important de leur panthéon.


Pour rester dans le thème familial des deux dieux précédents, parlons d’Isis, sœur et épouse d’Osiris !

Isis est l’une des premières reines d’Égypte. À la mort d’Osiris (on se souvient du découpage orchestré par Seth), elle rassemble les morceaux du corps de son époux et le revivifie. C’est elle qui couronne Osiris roi du Royaume des Morts, faisant de lui un monarque éternel qui ne pourra jamais être remplacé. Dans le même temps, ils conçoivent leur fils, Horus.

Horus est l’héritier du trône d’Égypte. Seulement, tant qu’il est enfant, il ne peut pas prendre la place qui lui revient de droit et le rôle tombe donc entre les mains de Seth qui est prêt à tout pour le conserver. Pour protéger son fils, Isis l’élève à l’abri dans les marais où elle le prépare à devenir roi. Extrêmement rusée, la déesse y met également au point différents stratagèmes qui permettront un jour à Horus de l’emporter contre Seth…

Si Isis était aimée, c’est parce qu’elle incarne la perfection féminine telle qu’envisagée par les anciens Égyptiens. Elle est une sœur, une épouse et une mère aimante et combative, prête à tout pour défendre sa famille. Le fait qu’elle porte la couronne ne fait qu’ajouter à cette image parfaite. 

Une image qui va d’ailleurs perdurer durant de nombreux siècles. En effet, Isis est l’une des seules divinités égyptiennes à avoir survécu aux ravages du temps. Malgré les différentes conquêtes (perse, grecque puis romaine notamment), elle persiste dans l’imaginaire populaire et est représentée dans l’art de bien des peuples l’ayant assimilée à leurs croyances. 

Certains diront même qu’elle vit encore aujourd’hui. Après tout, Isis était le plus souvent représentée assise, en train d’allaiter Horus. Je suis certaine que l’image vous dit quelque chose… à méditer.


Concluons la fratrie avec Nephtys, sœur d’Isis, Osiris et Seth.

Nephtys est sans doute la déesse la moins connue de la famille, mais elle jouait un rôle très important dans la vie courante des Anciens Égyptiens. Associée à la mort et aux rites funéraires, Nephtys est présente dans tous les tombeaux égyptiens. Si vous recherchez des images de tombeaux ou de sarcophages, vous ne manquerez pas d’y remarquer la présence récurrente d’un oiseau aux ailes déployées ou d’une femme dotée de grandes ailes colorées. Il s’agit de Nephtys qui, dans son rôle protecteur, s’assure du passage des défunts vers le Royaume des Morts en leur servant de guide et de bouclier contre les forces du mal.

En réalité, la déesse était surtout associée à l’un des quatre vases canopes placés dans les tombes. Qu’est-ce qu’un vase canope me demandez-vous ? Il s’agit d’un petit pot en terre fermé par un couvercle représentant une divinité et contenant les viscères du défunt. Durant la momification, les embaumeurs retiraient les poumons, les intestins, l’estomac et le foie pour les placer dans ces quatre vases qui demeuraient auprès de la momie dans son tombeau. Selon les mythes égyptiens, les défunts ne pouvaient se réincarner dans leur vie après la mort sans leurs viscères et c’est pour cette raison qu’elles ne les quittaient pas.

Nephtys était donc associée au vase contenant les poumons des morts ce qui lui permettait de leur réinsuffler le souffle de vie une fois dans l’au-delà. Comme tous les dieux associés à la momification ou à la mort en général, Nephtys avait une réputation quelque peu morbide ce qui ne la rendait pas nécessairement populaire, malgré son rôle indispensable.


Parlons d’Horus, le dieu à tête de faucon.

Fils d’Isis et Osiris, Horus est né dans un environnement difficile. Seth était monté sur le trône d’Égypte et il comptait régner pour l’éternité… et ce n’est pas un bébé dieu qui allait l’en empêcher. Pour protéger son fils, Isis décide de le cacher et de l’élever à l’abri des regards. Son but, faire d’Horus un puissant guerrier capable de reprendre la couronne qui lui revenait de droit.

Devenu adulte, Horus se présente devant Râ et réclame son dû. Problème, le roi des dieux est très satisfait du règne de Seth et n’a pas du tout l’intention de changer les choses. Afin de ne froisser personne, Râ décide d’organiser un tournoi devant départager les deux prétendants au trône. Les Égyptiens baptiseront cette période « Les Aventures d’Horus et Seth ».

Ce tournoi se compose de multiples épreuves toutes plus… originales… les unes que les autres. Par exemple, les deux dieux s’affrontent sous forme d’hippopotames. Seulement, aucun de ces combats ne se déroule de manière loyale. La faute à Seth ? Déterminé à conserver son trône ? Que nenni ! La faute à Isis qui ne peut s’empêcher d’intervenir dans chacun de leurs affrontements. L’affaire de l’hippopotame ? Elle confectionne une lance dans le but de harponner Seth et de le faire perdre par forfait. Malheureusement, elle touche Horus par inadvertance… avant de lancer un second harpon qui atteint finalement sa cible.

À cause des manigances d’Isis, le tournoi durera des années (et des membres seront perdus dans la bataille, dont un œil pour Horus), mais le dieu faucon sera finalement proclamé vainqueur. Ainsi, Horus devient le premier dieu à prendre le titre de Pharaon, un titre dont il sera à jamais le protecteur.


Parlons de deux dieux complémentaires, Râ ☀️ et Apep 🐍.

Il existe plusieurs versions de la création du monde selon les Anciens Égyptiens. En voilà une :

Au commencement, il n’y avait rien. L’univers n’était qu’un immense océan nommé le Noun. La vie n’existait pas. Un jour, une lumière apparut dans cette étendue d’eau immobile et une entité vint au monde. Râ, le dieu soleil se créa lui-même et fit naître le jour dans ce monde de ténèbres. Seul, il inventa la vie et les premières divinités. Parmi elles, Shou et Tefnout, premier couple divin qui permit la création d’un univers qui deviendra l’Égypte.

Après les dieux, Râ décida de reprendre sa création. Avec l’aide de son fils Khnoum, il façonna des êtres sur un tour de potier, leur donnant âme et conscience et les modelant à son image. C’est ainsi que naquirent les premiers hommes. Satisfait de son œuvre, Râ reprit sa forme originelle et s’envola dans le ciel de sa belle Égypte qu’il inonda à jamais de ses rayons lumineux.

Belle histoire n’est-ce pas ? Mais elle ne s’arrête pas là.

Râ n’est pas le seul être à s’être créé dans le Noun. Dans le même temps, l’océan faisait naître son exact opposé. Apep, le serpent du Chaos. Si Râ incarne la création, Apep n’est que destruction. Son but, dévorer le soleil de son jumeau et plonger le monde dans des ténèbres éternelles. Heureusement, Râ s’avéra plus fort durant leurs premiers instants de vie et Apep fut enfermé dans la Douât, un monde souterrain dans lequel le temps n’existe pas. Depuis, il attend son heure.

Chaque nuit, quand le soleil se couche, Râ monte sur sa barque solaire et entame un périple dans les ténèbres de la Douât. Là, il y affronte son jumeau et espère en ressortir vainqueur. S’il échoue, alors le soleil ne se lèvera plus jamais sur l’Égypte et Apep aura gagné…


Parlons d’Hathor, la déesse de l’amour ❤️.

Hathor est l’une des déesses les plus anciennes du panthéon égyptien. Selon les mythes, elle est présentée comme étant à la fois fille, épouse, sœur et mère de Râ… je vous laisse imaginer l’arbre généalogique. Nous allons donc nous contenter de la version la plus populaire qui en fait sa fille, au même titre que Bastet et Sekhmet. Les trois déesses étant liées puisqu’elles incarnent la femme, combattante et mère, prête à tout pour protéger sa famille.

Hathor est fréquemment représentée sous l’apparence d’une vache, symbole de maternité, ce qui la rend très populaire auprès des familles, mais également des monarques. En effet, en tant qu’épouse d’Horus, elle est devenue la nourrice attitrée des Pharaons qui la vénéraient en permanence. 

La déesse incarne également la joie, la musique et la danse et est associée à toutes sortes de festivités, notamment celles célébrant les crues du Nil. Les Égyptiens avaient pour habitude d’organiser de grandes réjouissances nationales en son honneur durant lesquelles se produisaient des centaines de danseurs et musiciens et qui mettaient également en scène tous les alcools possibles et imaginables… je vous laisse visualiser l’état du pays après lesdites réjouissances.

Hathor conserve malgré tout une aura de mystère, plus sombre que ses attributs principaux. Elle est la « Maîtresse de l’Ouest » associée à Osiris et au Royaume des Morts. Elle est présente dans les tombes et accueille les défunts dans l’au-delà. Elle est rassurante, un visage familier qui rend leur voyage plus doux.

Enfin, Hathor est l’une des divinités ayant survécu le plus longtemps. Les Grecs l’adoraient… même s’ils lui ont donné un autre nom.


Parlons de Bès, le dieu du foyer 🛖.

Contrairement aux dieux que je vous ai présentés jusqu’à présent, Bès s’est invité tardivement en Égypte. Originaire du Soudan, il n’a été adopté que lorsque la région a été annexée à l’Empire.

Outre cela, Bès est aussi différent de par son apparence. Là où la plupart des divinités sont représentées sous des traits attirants, lui prend la forme d’un nain aux proportions douteuses et aux traits effrayants. Et, en plus de cela, il est presque toujours représenté de face ! Une rareté pour un peuple affectionnant tout particulièrement les images de profil…

Malgré ses traits grotesques, les Égyptiens ont rapidement adopté Bès pour ses multiples qualités. Le rôle principal du nain était de veiller sur le quotidien du peuple égyptien et de lui assurer des jours heureux et tranquilles. Pour cela, il a endossé de multiples casquettes. Tout d’abord, Bès est constamment jovial et hilare. Il s’amuse à jouer de multiples instruments de musiques et est également un danseur hors pair. Ainsi, il divertit les Égyptiens et apporte de la douceur et de la joie dans leurs foyers. D’ailleurs, c’est pour cette raison qu’il a été associé à Hathor. Ensemble, ils forment un couple rattaché au bonheur sous toutes ses formes.

Cependant, Bès est bien plus qu’un simple amuseur de foule. En réalité, il cache de nombreuses armes sous sa peau de bête. Son véritable objectif ? Protéger les Égyptiens de tout ce qui pourrait les menacer. Que ce soit des bêtes dangereuses ou des esprits malfaisants, il n’hésite pas à égorger tout ce qui se trouve sur son passage. 

Enfin, il veille également sur le sommeil des Égyptiens, éloignant les cauchemars et les créatures des ténèbres pouvant se glisser dans les maisons la nuit tombée.


Parlons de Maât, la déesse de la justice ⚖️.

Maât est à la fois une déesse et un concept, une loi universelle qui régit l’Égypte et qui s’applique tant aux pauvres qu’aux puissants. Sous cet aspect, elle incarne l’harmonie cosmique, la vertu et la morale, l’ordre et l’équilibre du monde, l’équité, la paix, la vérité et la justice. En cela, elle s’oppose au Chaos et veille au maintien de la Création de Râ qu’on dit être son père. Parmi les hommes, c’est à Pharaon de s’assurer du respect de ces principes et de prendre les mesures et sanctions nécessaires pour prévenir les débordements.

Outre tous ces concepts et principes immuables qu’elle incarne, Maât est également une véritable déesse, représentée plus ou moins partout. Dans les temples, les tombeaux, les palais, il est très rare de contempler des scènes où elle n’apparaît pas d’une manière ou d’une autre. Si vous voulez la trouver, recherchez une femme ailée portant une plume sur la tête.

Le mythe le plus connu associé à Maât est celui du jugement d’Osiris. Après la mort, les défunts sont conduits dans l’au-delà où les attend une dernière épreuve avant d’accéder au Paradis des Justes et à la vie éternelle. Après avoir répondu aux questions sur leur vie et leurs actions, posées par le tribunal présidé par Osiris, le défunt voit son cœur placé dans une balance. Sur l’autre plateau se trouve la plume de Maât, symbole d’harmonie parfaite. Si le cœur est plus léger que la plume, le défunt gagne sa place dans le Royaume des Morts où il vivra heureux pour l’éternité. En revanche, si le cœur est plus lourd, le défunt finit dévoré par Ammout, une terrible créature condamnant son âme à la damnation éternelle. 

Tu n’as pas respecté Maât de ton vivant, tu en paieras le prix dans la mort. 


Parlons de Sobek, le dieu crocodile🐊.

Sobek est un dieu ancien et primordial. En tant que divinité de l’eau associée au Nil, il était particulièrement vénéré dans les régions fertiles comme le delta du Nil ou le Fayoum.

Le Nil faisait la vie et la mort au temps des Anciens Égyptiens. Sans ses crues annuelles, le pays ne pouvait pas survivre. Une mauvaise crue et c’est tout un peuple qui risquait de mourir de faim. Pour cette raison, on comprend facilement pourquoi Sobek revêtait une telle importance. C’est lui qui amenait les crues — et donc la vie — le long des berges fertiles du fleuve. S’il n’était pas satisfait, ou qu’il n’en ressentait pas l’envie, il pouvait facilement détruire tout un peuple. Le vénérer était donc primordial.

En Égypte antique, Nil rimait avec crocodiles. C’est sans doute pour cela que le reptile est devenu l’animal totem du dieu des eaux. Si sa présence dans le pays était synonyme de crues favorables et de bonnes récoltes, il semait également la terreur parmi les habitants. En effet, la majorité du peuple vivait le long du fleuve et, chaque jour, des hommes trouvaient la mort entre les mâchoires des crocodiles. Pour cette raison, Sobek était tant craint qu’il était adoré. Pour tenter de l’apaiser et de gagner ses faveurs, les Égyptiens ont fait des crocodiles des animaux sacrés. Ils étaient élevés dans les temples et traités comme des incarnations terrestres du dieu, recevant tous les honneurs lui étant dus. Lors des fêtes organisées en l’honneur de Sobek, certains étaient sacrifiés en son nom pour le remercier de sa protection.

Récemment, des archéologues ont retrouvé des dizaines de momies de crocodiles ensevelies sous les sables. Visiblement, Sobek n’a jamais cessé de veiller sur l’Égypte.


Parlons de Hâpy, l’incarnation du Nil 🦛.

Les Égyptiens attribuaient plus ou moins une divinité à chaque élément de leur vie quotidienne et il était donc évident de donner une raison divine au Nil, la source même de la vie. Je vous ai parlé de Sobek, Hâpy est légèrement différent. Là où le dieu crocodile est associé à l’eau du fleuve, Hâpy est le Nil. Il l’incarne et le personnifie sous une apparence divine.
Pour les Égyptiens, les phénomènes cycliques du fleuve n’avaient aucune explication. Ils ne parvenaient pas à comprendre pourquoi, une fois par an le Nil sortait de son lit pour déverser une substance noire et nourricière sur leurs terres avant de se retirer pendant de long mois. Qui d’autre qu’un dieu pouvait se cacher derrière un tel miracle ?

Voilà comment est né Hâpy, symbole de prospérité et de fertilité, associé à l’hippopotame vivant tapi dans les profondeurs du fleuve.
Le Nil n’étant ni femme ni homme, Hâpy fut représenté sous l’apparence d’un être androgyne et hermaphrodite, présentant des attributs à la fois féminins et masculins. L’image que j’ai choisie le présente sous un bon jour, mais il n’était pas rare de le voir prendre un aspect bien plus disgracieux sur les murs des temples. Notamment sous sa forme anthropomorphe.

Hâpy était souvent double, incarnant donc également la dualité et la gémellité. Pourquoi deux Hâpy ? C’est assez simple. Selon les Égyptiens, le premier vivait tout au sud du territoire, près de l’île d’Éléphantine, tandis que le second logeait dans le delta du fleuve. Ainsi, ils pouvaient ensemble faire couler le fleuve dans toute l’Égypte. Un Hâpy pour la Haute-Égypte et l’autre pour la Basse-Égypte. 


Parlons d’Amon, le dieu associé au bélier 🐏.

Amon est à l’origine un dieu local, associé à la ville de Thèbes dont il est devenu le patron protecteur. C’est sous l’impulsion des Pharaons du Moyen-Empire — qui ont déplacé leur capitale de Memphis à Thèbes — qu’il devient le roi des dieux. 

Au Nouvel-Empire, il sera associé à Râ pour former le duo créateur de l’univers régnant sur les dieux et les hommes. Amon n’appartient plus seulement à Thèbes, mais à toute l’Égypte. Les deux dieux deviennent les divinités nationales par excellence et unissent les Égyptiens dans une croyance partagée. Avant cela, les divinités restaient locales et les croyances variaient d’une ville à l’autre.

La particularité d’Amon est qu’il ne peut pas être représenté. Il est « Le Caché », « L’Inconnaissable », « Amon aux noms multiples ». Personne ne connait sa vraie forme et c’est pour cela qu’il sera presque toujours représenté comme le Pharaon, mais portant une couronne unique n’appartenant qu’à lui. Sa peau est d’ailleurs souvent peinte en bleu pour permettre de le différencier des représentations du véritable pharaon.

Lorsqu’il ne prend pas l’apparence d’un homme, Amon devient un bélier. Cet animal revêtait une grande importance dans l’imaginaire égyptien puisqu’il était associé à la puissance d’un chef protecteur, veillant sur son troupeau. Pour les Thébains, les béliers étaient l’emblème vivant d’Amon sur terre et ils l’ont d’ailleurs marqué dans la pierre. Sous la forme de sphinx à tête de bélier s’étalant le long d’une allée de près de trois kilomètres reliant les temples de Karnak et de Louxor. Allée qu’il est à nouveau possible d’arpenter depuis quelques semaines. Comme l’ont fait les rois il y a près de 3000 ans.


Parlons de Khnoum, le façonneur et Maître des cataractes🏺.

Comme Sobek et Hâpy, Khnoum est une divinité de l’eau associée au Nil. Selon la légende, c’est lui qui aurait créé les cataractes du fleuve et ainsi insufflé les crues en Égypte. Vous vous souvenez de Hâpy logeant près de l’île d’Éléphantine depuis laquelle il faisait couler le fleuve dans le pays ? Et bien, Khnoum participait à ce phénomène. Avant chaque crue, il se rendait à la caverne de son congénère pour lui ouvrir la porte, déclenchant ainsi l’inondation qui l’y attendait patiemment. Pour cette raison, Khnoum était adoré sur l’île d’Éléphantine où les habitants le considéraient comme leur protecteur.

Outre son rapport avec les phénomènes naturels du Nil, Khnoum est également un dieu très ancien ayant joué un rôle primordial dans la création du monde selon les Anciens Égyptiens. En effet, lorsque Râ décida de créer l’humanité, il demanda à Khnoum de donner vie à ces nouvelles créations. Alors, le dieu à tête de bélier se dirigea vers son tour de potier et, une à une, façonna les enveloppes charnelles de la première génération d’être humain. Ensuite, il récupéra un peu de limon fertile du Nil dans lequel il créa le Ka de ces nouveaux êtres et, ainsi, leur insuffla le souffle de vie.

Vous connaissez les histoires qui racontent que les petits garçons naissent dans les choux et les petites filles dans les roses ? Ou qu’une cigogne apporte les bébés à leurs parents ? La version Égypte antique veut que ce soit Khnoum qui, après les avoir façonnés, dépose les nouveau-nés dans leur berceau.


Parlons de Taouret, la déesse protectrice des accouchements 🦛.

Taouret est une divinité assez méconnue, car elle peut facilement se confondre avec d’autres dieux et déesses aux attributs similaires. En effet, les Égyptiens avaient tendance à attribuer les mêmes fonctions et pouvoirs à plusieurs divinités à la fois, leur donnant juste des apparences différentes. Le tout se jouait ensuite dans l’importance accordée aux dieux en question et sur la place qu’il prenait dans la vie courante.

En l’occurrence, Taouret ne fait pas partie des grandes divinités ayant traversé les âges sous l’impulsion de plusieurs dynasties pharaoniques. Il s’agit d’une déesse plus « populaire » qui trouvait sa place dans le quotidien tranquille des Anciens Égyptiens. Elle y jouait le rôle de protectrice des femmes enceintes, des mères et surtout des accouchements.

Ce qui est intéressant chez Taouret, c’est surtout son physique peu avenant mêlant différents animaux ainsi que des traits à la fois féminins et masculins. Je pense d’ailleurs qu’elle peut vous faire penser à un autre dieu dont nous avons déjà parlé… j’ai nommé Bès, le nain disgracieux, mais sympathique. L’apparence de la déesse permettait de repousser les esprits maléfiques de l’enfant à naître, mais garantissait également à ce dernier un allaitement réussi. En cela, on peut dire qu’elle travaillait main dans la main avec Bès pour protéger les familles et garantir la sécurité des nouveau-nés.

Outre cela, Taouret est également un puissant symbole de fécondité associé au Nil même si, dans sa forme pure, elle incarne avant tout la mère nourricière et féroce, prête à tout pour défendre ses enfants.


Parlons d’une figure mythologique un peu différente. Il s’agit de Bénou, l’oiseau représentant l’âme du dieu soleil, Râ☀️.

Il existait de nombreuses espèces d’oiseaux au temps des Pharaons. Pourtant, il est impossible de savoir laquelle a été choisie pour incarner Bénou. Selon les époques, il aurait été un héron ou une bergeronnette printanière… deux espèces qui n’ont donc rien en commun étant donné que l’une est minuscule et l’autre relativement grande. L’option la plus probable reste un échassier, représentation la plus courante sur les murs des temples.

En tant qu’âme de Râ, Bénou incarnait son Bâ. Qu’est-ce qu’un Bâ me demandez-vous ? Je vais tenter de vous donner une explication simple pour un concept d’une complexité rarement égalée. Pour les Égyptiens, chaque être était composé de différents éléments immatériels. Le Bâ en fait partie. Il représente la capacité de mouvement et de transformation des êtres. En cela, il permet aux défunts de quitter leur enveloppe charnelle pour se rendre dans le monde des morts et il donne aux dieux la capacité de s’incarner en toute chose, qu’elle soit vivante ou non.

Le rôle de Bénou était un peu plus précis puisqu’associé au dieu soleil. En effet, il se tenait au-devant de la barque solaire et aidait son maître à s’orienter dans les ténèbres de la Douât, le guidant ainsi tout au long de son voyage et lui permettant de refaire surface au lever du jour. Bénou était donc un peu responsable de la naissance du soleil dans le ciel égyptien chaque matin.

Peut-être est-ce pour cela que les Grecs ont fait de lui leur Phénix. Une créature mystique dont le nom, dérivé de l’ancien égyptien, signifie « naissance du Soleil ».


Parlons de Shou, le dieu de l’air 🌬.

Shou fait partie des premières divinités égyptiennes à voir le jour et il est surtout le premier dieu exclusivement mâle. Avec sa parèdre Tefnout, ils forment donc le premier couple divin sexuellement différencié, à l’origine de la dynastie la plus célèbre du panthéon égyptien. Ils sont les enfants d’Atoum, qui sera assimilé à Râ.

Comme tous les dieux primordiaux, Shou est une divinité cosmique et son premier titre est celui de Maître de l’air. Cependant, il est bien plus que cela. Il est le dieu associé à la vie, la substance vitale dans son essence première. Il incarne l’air en ce qu’il lui permet de faire circuler son souffle vital et vivifiant en toute chose. En plus de cela, Shou représente d’autres capacités primordiales comme l’ouïe ou la pensée.

Malgré ce côté très « démiurge », une partie des dons de Shou demeure liée à la définition classique de l’air. Il commande ainsi aux vents dans leurs phénomènes les plus doux et les moins meurtriers. Par exemple, il contrôle les nuages, les souffles bénéfiques poussant les navires ou la brume matinale. Le côté destructeur de l’air sera associé à Seth, le maître des orages et des tornades.

En tant que fils de Râ, Shou cache également une nature guerrière profonde. En effet, il est le rayon de lumière qui éclaire la voie de son père lorsqu’il s’en va affronter les ténèbres d’Apep dans les profondeurs de la Douât. Cette nature guerrière fera d’ailleurs de lui un très bon roi. Avant le règne des hommes, des rois-dieux se sont succédé sur le trône d’Égypte, Shou étant le deuxième. Par la suite, son fils Geb lui succédera. Puis Osiris. Et enfin Horus. Je pense que vous commencez à visualiser l’arbre généalogique…


Parlons de Tefnout, la déesse de l’eau et de l’humidité 🌊.

Je vous ai présenté Shou, venez rencontrer son épouse (… ou sa sœur…la mythologie). Tefnout et lui sont nés en même temps avec deux rôles bien distincts. Donner la vie et créer la vie. Je m’explique. En tant que premier couple sexuellement différencié, ils sont à l’origine de tout un arbre généalogique de divinités, ils donnent la vie. Ensuite, vous vous souvenez que Shou incarne l’air et représente le souffle de vie ? Tefnout complète à merveille ce rôle puisqu’elle est le symbole de l’humidité. Et sans air ni eau, il ne peut y avoir de vie. Ensemble, ils rendront possible la naissance de toutes les créatures vivantes qui peupleront l’Égypte, les hommes y compris.

Tefnout incarne donc le pouvoir créateur de l’eau qui s’insinue en toute chose, permettant au monde de pousser et s’épanouir. Comme son époux, elle représente aussi des phénomènes aquatiques plus « terre à terre ». Elle est notamment associée à la pluie, à la rosée du matin et aux nuages, des phénomènes doux et positifs — comme ceux de Geb — puisqu’elle incarne la vie.

Une autre facette de sa personnalité est bien plus violente en revanche. En effet, elle incarne également la chaleur qui advient lorsque l’humidité s’évapore. Sous ces traits, son apparence de lionne prend tout son sens puisqu’elle devient vorace, sauvage et très dangereuse. C’est pourquoi elle assiste son père Râ dans son combat contre les forces du mal qu’elle réduit volontiers en cendres. Par la suite, ce rôle sera repris par Sekhmet qui finira même par se confondre avec Tefnout sur les murs des temples, les Égyptiens en faisant une seule et même personne.


Parlons de deux divinités ! Geb, dieu de la terre 🌳 et Nout, déesse du ciel 🌟.

Petit rappel chronologique. Au commencement des temps vinrent Râ et Apep, la Création et le Chaos. À la suite d’un combat acharné, la lumière de Râ l’emporta sur les ténèbres et il créa l’univers. Shou et Tefnout sont ses premiers enfants. Le couple divin insuffle le souffle de vie et le pouvoir vivifiant de l’eau dans ce nouveau monde, lui permettant d’exister. Ensemble, ils auront deux enfants, Geb et Nout.

Geb et Nout sont le prolongement de leurs parents. Ils viennent à leur tour apposer leur pierre à l’édifice de la Création. Après l’air et l’eau, ils apportent la terre et le ciel, posant les fondations de ce qui sera l’Égypte. Geb n’est pas seulement le dieu de la terre. Il est la terre. Le sol égyptien serait son corps et c’est pourquoi il est toujours représenté avec la peau verte ou noire. Il en va de même pour Nout. Son corps est la voute céleste et les étoiles dansent sur sa peau.

Peu de temps après leur naissance apparaît un léger problème. Geb et Nout sont très amoureux et ils refusent de se séparer. Mais, si la terre et le ciel demeurent soudés, comment la vie peut-elle exister ? Shou prend alors une décision. Rassemblant tout son souffle, il se glisse entre ses enfants et les force à se séparer. Lentement, il élève Nout loin au-dessus de Geb et, se changeant en pilier, la maintient dans le ciel, allumant les étoiles dans le firmament. Le couple est à jamais séparé et doit se contenter de se regarder de loin sans pouvoir se toucher.

Avant cette déchirure, ils ont le temps de concevoir quatre enfants. Osiris, Seth, Isis et Nephtys. L’avenir de l’Égypte est entre leurs mains et ils créeront la puissance pharaonique.


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